Lockheed T-33AN (CT-133) T-Bird

Etats-UnisEntraînement à la chasse

 

MAE Cet appareil nous est confié par le Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget

 

T-33 en vol

- Historique

Avec 6557 exemplaires construits, le Lockheed T-33 est de loin l'appareil d'entraînement qui fut le plus utilisés dans le monde entier.
Le T-33 est un développement logique du F-80 " Shooting Star ", premier chasseur monoplace à réaction à avoir été opérationnel dans l'US Air Force. Il a donc ainsi commencé sa carrière à la fin des années quarante sous la forme du TF-80, simple version rallongée du F-80 de façon à en faire un appareil d'entraînement biplace.
Le " Shooting Star " était dérivé du prototype XP-80, conçu autour du turboréacteur De-Havilland H-1B de 1116 kg de poussée. Les travaux sur le XP-80 commencèrent le 23 juin 1943 et le 1er vol eut lieu le 8 janvier 1944. Au cours des vols d'essais, l'appareil atteignit 808 km/h à 6240 m, mais le moteur H.1B n'étant pas disponible, il fallut revoir la conception de la cellule pour loger un turboréacteur General Electric I.40 de 1746 kg de poussée. Les dimensions hors tout furent augmentées et le poids passa de 4044 kg à 6250 kg. De cet appareil (le F-80) fut issu le chasseur tous temps biplace provisoire F.94. Le nouvel appareil, chargé d'équipements électronique et d'armements supplémentaires, fut motorisé avec un turboréacteur General Electric J33-A-33, offrant une poussée de 2722 kg avec postcombustion. L'avant du fuselage fut prolongé pour loger un radar APG-32 et quatre mitrailleuses de 12,7 mm. Deux TF-80C furent ainsi modifiés pour devenir les prototypes YF.94; leurs vols d'essais commencèrent le 16 avril 1949, pour donner naissance plus tard au T-33A.
Fondamentalement conçu pour être un appareil d'entraînement, le T-33 a cependant parfois rempli d'autres missions. Quelques T-33 équipé d'une caméra dans le nez et d'appareils électronique dans l'habitacle, ont accompli des missions de reconnaissance. Sous la dénomination de RT-33A, ces chasseurs monoplaces furent essentiellement livrés à la France (6),l'Italie, les Pays-Bas, le Pakistan, la Thaïlande et la Turquie dans le cadre du Military Assistance Program (MAP).
Cockpit Les T-33 acquis par la France provenaient soit des USA (T-33 A1), soit du Canada (T-33 Mk.III). Les différences, notamment au niveau des cabines, étaient importantes et gênaient considérablement le travail pédagogique à l'école de chasse.
Au début des années 60, il fut donc décidé de modifier un certain nombre d'avions pour les amener à un standard commun. Ce dernier n'avait pas pour but de les rendre identiques, mais seulement d'homogénéiser le pilotage. Un maximum d'équipements français étaient utilisés, notamment le moteur Hispano-Suiza Nene 106, développement national du réacteur Rolls-Royce des T-33 Mk.III.
De 1963 à 1967, ce sont ainsi 84 avions qui furent mis au standard français, dont la totalité des Mk.III (57). Les avions modifiés étaient désignés T-33 S.C ou T-33 S.US suivant leur origine, puisque des différences subsistaient.
Les appareils n'ayant pas bénéficié de la francisation, bien que provenant tous des États-Unis, présentaient encore de nombreuses différences, en particulier des circuits. À la faveur des révisions générales, les câblages furent refaits selon une définition correspondant aux avions de la série 55-000. Ces avions furent appelés T-33 Std.55.
Le 1er T-33 " francisé " sort des ateliers de la SFERMA de Mérignac (l'actuelle SOGERMA) le 7 avril 1964.

   - Production

Lockheed a construit 5691 T-33A entre 1949 et 1959 et a également fourni les pièces nécessaires à l'assemblage par Kawasaki au Japon de 210 T-33A à moteur Allison. Canadair en a également construit 656 sous la dénomination CL-30 puis CT-33 Silver Star.

   - Carrière

C'est le 4 octobre 1951 que les 1er T-33 sont pris en charge par l'Armée de l'Air, au sein de l'Ecole de Chasse GE.314 à la Base Ecole 708 "Christian Martell" à Meknés au Maroc, qui sera transférée à la BA.705 de Tours en 1961.
Les T-33 y resteront jusqu'à leur retrait en 1981, avec l'arrivée des Alpha-Jet. A partir de 1954, le T-33 équipa le Centre d'Entraînement au Vol Sans Visibilité sur la BA.139 de Lahr en République Fédérale Allemande, puis à la BA.133 de Nancy-Ochey.
C'est au sein de cette unité qu'en 1982 les derniers T-33 volèrent, marquant ainsi 31 ans d'activités.
Ce furent en tout 203 T-33A et 6 RT-33 qui servirent dans l'Armée de l'Air.

   - Exportation

La Belgique, le Brésil, le Canada, le Chili, la Chine Nationaliste, la Colombie, Cuba, le Danemark, l'Ethiopie, la France, la Grèce, l'Iran, l'Italie, le Japon, la Corée, les Pays-Bas, la Norvège, le Pakistan, le Pérou, le Philippines, le Portugal, l'Arabie-Séoudite, l'Espagne, la Thaïlande, la Turquie, l'Uruguay,les États-Unis, le Venezuela et la Yougoslavie; telle est la liste impressionnante de presque trente pays dont les forces aériennes utilisèrent le T-33A Au sol devant hangars
Caractéristiques
Envergure 11,87 m 3 vues
Longueur 11,49 m
Hauteur 3,55 m
Surface alaire 22 m2
Masse à vide 3810 kg
Masse max. 5900 kg
Vitesse max. 965 km/h
Vitesse ascensionnelle 27 m/s
Plafond opérationnel 14700 m
Distance franchissable 2150 km
Réacteur 1 Allison-J33-A-35 de 2450 kg de poussée, remplacé ultérieurement
pour les versions française par un Hispano-Suiza (Rolls Royce) Nene de 2300 kg de poussée

 

L'appareil du CAEA
numero Le T-33AN du Conservatoire est de fabrication canadienne et sorti d'usine en tant que T-33 Mk3 PT sous le n° constructeur T33-49, équipé d'un moteur Nene 10.
Il a été porté à l'effectif de la Royal Canadian Air Force le 31 juillet 1953 mais n'est entré en service au 3 AFS (Advanced Flying School) de Grimli dans la province du Manitoba. Il y reste jusqu'au 23 juin 1959, quand il est versé à l'Inactive Reserve à Lincoln Park sur le site Macdonald. Il est rayé des contrôles de la RCAF le 16 mai 1962.
Puis il est livré à la France le 30 juillet 1962 avec 1793 heures de vol. Toute sa carrière se déroulera à l'Ecole de Chasse BE 705 de Tours, sous le n° 21049, au sein de l'Escadron GE-314. Il est mis au standard français par la SFERMA du 29/12/1965 au 17/06/1966. A la fin de sa carrière il vole quelques temps avec la partie arrière du n° 21031, avant d'être réformé le 3 août 1980 à 6736 heures de vol. Il passera ensuite quelques années comme "ornement" à la base de transmission BA 203 de Cenon avant d'intégrer notre collection en novembre 1997. Il appartient au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget.

Propriété du Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget.

Visible dans le hangar