Dassault MD.452 Mystère II C Logo

FranceChasseur-intercepteur de jour

Le fuselage à son arrivée au CAEA.
Photo © Pierre-Clément Got

 

   - Historique


A la fin des années 40, l'heure est à la conquête du mur du son, l'Armée de l'Air cherche un un avion aux performances supérieures à l'Ouragan. C'est dans ce contexte que Dassault lance en novembre 1949 l'étude de ce qui allait devenir le Mystère II, évolution logique de l'Ouragan dont il reprend d'ailleurs de fuselage, légèrement allongé, mais doté d'une voilure en flèche. Les commandes de vol seront assistées par des servocommandes, celles achetées par Dassault ne convenant pas il décide de les fabriquer lui-même, à Saint-Cloud où il réalise les importants investissements nécessaires à cette fabrication.
Le premier vol du premier prototype, désigné Mystère 01, eut lieu le 23 février 1951 à Istres, piloté par Kostia Rozanoff, équipé d'un turboréacteur Rolls-Royce Nene. Les deux autres prototypes prennent le nom de Mystère II A et volent avec un réacteur Rolls-Royce Tay. Vient ensuite une présérie de 17 avions (n° 04 à 020) commandés en avril 1951 par l'Etat-Major, les trois premiers sont désignés "Mystère II B", les suivants portant le nom définitif de Mystère II C. Le choix du moteur s'avéra difficile, le 04 vole avec un Atar 101C; les 05, 06, 07 et 09 avec un Rolls-Royce Tay; le 08 fit des essais statiques avec un Pratt&Whitney J-48; le 010 et suivants avec des variantes de l'Atar 101.
Les 6 et 7 septembre 1951, le Colonel Charles "Chuck" Yeager et le Général Richard Boyd viennent en France effectuer des essais comparatifs entre le F-86 Sabre et le Mystère II, celui-ci obtient une bonne appréciation. Mais le mur du son n'a toujours pas été franchi par un appareil français, les pilotes d'essais sont persuadés l'avoir atteint mais rien n'a été perceptible du sol. C'est un pilote américain, le Major Marion Davis, qui fait retentir le premier "bang" d'un Mystère II le 28 octobre 1952 à bord du prototype 03 (le machmètre indiquait 0.97 mais le bang a été entendu du sol). Le 12 novembre de la même année, le Capitaine Roger Carpentier, du CEV, est le premier pilote français supersonique.


   - Production

150 Mystère II de série ont été construits, certains subissant encore des modifications après leur mise en service.
La voilure était produite par la SNCASO Bouguenais, le fuselage avant par la SNCASE Toulouse, le fuselage arrière par la SNCASO Saint-Nazaire, l'empennage à Dassault Talence. L'assemblage final et les essais étant réalisés à Bordeaux-Mérignac.
Les premiers exemplaires étaient équipés de réacteurs SNECMA Atar 101C, remplacés ensuite par l'Atar 101D. Le dernier exemplaire est sorti d'usine le 4 décembre 1956.

   - Carrière

L'Armée de l'Air réceptionne son premier Mystère II en mai 1954 au Centre d'Expériences Aériennes Militaires de Mont-de-Marsan pour former l'équipe de marque avec 5 machines de présérie et les premiers appareils destinés à la 10ème Escadre de Chasse (EC 1/10 "Parisis", 2/10 "Seine", 3/10 "Valois"), à Creil, qui commence à en être équipée en juillet 1955 et compte 75 appareils un an plus tard. Il fut alors décidé de remplacer les SE 535 Mistral de la 5ème Escadre de Chasse d'Orange (EC 1/5 "Vendée", 2/5 "Ile de France", 3/5 "Comtat Venaissin") par des Mystère II à partir d'août 1956, certains étant pris dans l'effectif de la 10ème EC.
L'utilisation du Mystère II dans l'Armée de l'Air s'avéra catastrophique, le taux de disponibilité mensuel dépassait rarement les 50 %, les accidents furent nombreux, mettant plus souvent en cause les équipements que l'avion lui-même. L'utilisation de l'armement air-air ne put commencer qu'en juillet 1957. Définitivement interdits de vols le 21 novembre 1957 à Creil et le 28 à Orange, certains n'avaient même pas 20 h de vol au moment de leur réforme.
Le CEV employa la plupart des prototypes et exemplaires de présérie, il eut beaucoup de travail en raison des nombreux défauts de jeunesse de l'avion.
Trois exemplaires retirés du service furent utilisés pour l'instruction au sol à l'Ecole de l'Air de Salon-de-Provence et deux à Rochefort.


   - Exportation

Le gouvernement Israélien passa commande de 30 Mystère II livrables en 1956, mais elle fut transformée au profit du Mystère IV.
L'Inde montra un intérêt sans toutefois commander.

Caractéristiques
Envergure 11,33 m 3 vues
Longueur 12,25 m
Hauteur 4,20 m
Surface alaire 30,28 m2
Poids à vide équipé 5730 kg
Poids max. au décollage 8570 kg
Vitesse maximale 1030 km/h au niveau de la mer
Distance franchissable 1600 km à 12200 m
Altitude max. 13700 m
Réacteur 1 SNECMA Atar 101D3 de 2745 kg de poussée
Armement interne 2 canons DEFA 541 de 30mm
L'appareil du CAEA
numéro de série Le Mystère II C n° 104 a été employé par l'EC 3/10 Valois, immatriculé 10-SQ.
A la fin de sa carrière, il a servi de terrain de jeu dans un jardin public de la ville d'Henin Lietard devenue aujoud'hui Hénin Beaumont (Pas-de-calais) jusqu'en 1995. Il part ensuite à l'association les Cocardiers du Ciel à Touchay, au sud de Bourges (Cher) avec qui nous l'échangeons contre un Super-Mystère B2.
Il est arrivé au CAEA le 28 mai 2003 pour un coût de transport/grutage/hébergement de 1689 euros.

Propriété du Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget.

Actuellement démonté, fuselage visible dans le hangar.


Voir aussi
Cartes postales d'Hénin Beaumont.
Suivre Les rues / Gruyelle (rue Elie) / L'avion du parc public



   - Sources documentaires

Ouragans, Mystères et Super-Mystères. Jean Cuny, Docavia 13. Ed Larivière.
Dassault MD.452 Mystère II C. Jean-Jacques Petit, Document'air n°1. Avia Editions.
Marcel Dassault La légende d'un siècle. Claude Carlier. Ed. Perrin.