L'atelier Sikorsky HSS-1

L'atelier Sikorsky HSS-1

« L'hélicoptère, un engin volant se sustentant par un miracle permanent »

. Cette définition chère à Gérard Pollet Villard, est à l'image de sa vie professionnelle et de retraité : le miracle d'avoir travaillé, pratiquement toute sa vie, sur ce type de machine volante.

En 2005, en regardant le site internet du CAEA, il remarque qu'un membre du Conservatoire cherche des informations pour déposer le moteur d'un Sikorsky HSS-1, version marine du H-34. « J'ai fait appel à ma mémoire, ayant pratiqué couramment cette opération pendant près de vingt ans, je n'ai pas eu de mal à rédiger une fiche technique. Je suis passé au CAEA pour proposer mon aide et m'y suis inscrit ».

A l'époque, Patrick Meunier est responsable de la restauration de cet hélicoptère. Réceptionné en 1999 par le Conservatoire, le Sikorsky HSS-1 n° 149 terminait sa carrière en exposition statique à Saint Raphaël, puis à Toulouse.

« J'ai commencé à travailler avec Patrick avant d'avoir, à mon tour, la responsabilité du suivi de chantier. Le HSS-1 avait souffert de la corrosion mais également de cannibalisme, il manquait pas mal de pièces. Les déménagements successifs du Conservatoire n'avaient pas arrangé les choses non plus ». Gérard s'attaque à la reprise des éléments de l'hélicoptère, un par un, et se met en quête de trouver les pièces défaillantes ou manquantes . « Pour le travail de réfection des éléments du fuselage, je suis ponctuellement très bien aidé par Gérard Nativi (1), c'est un « touche à tout de génie ». Rudy Gore, un ancien de l'Aéronavale, a également réalisé la remise en état d'un siège pilote, géré la confection et la pose du plancher cabine, remis en état le stabilisateur et préparé les peintures, bleues externes et grises internes, typiques des appareils de l'aéronavale, mais nous sommes encore loin de leur application !!. Le champion de la machine outil, Gilbert Codailler (2) a réalisé quelques pièces, en particulier des poignées de fenêtres du poste de pilotage,. Du travail de pro ! Pièces qu'il m'aurait été impossible de retrouver.

Quand il s'agit d'un coup de main important, ici au CAEA, je trouve toujours du monde pour m'aider. Et il y a beaucoup à faire, les matinées passées au hangar du Conservatoire sont trop courtes, aussi ai-je souvent emmené des pièces chez moi pour les remettre en état, tranquillement, dans mon garage». Dans ses recherches de récupération de matériel pour le HSS, Gérard conserve le souvenir marquant de sa rencontre avec un collectionneur, pour le moins original d' hélicoptères et avions. Cet homme, Claude Buannic, scaphandrier de son état, très connu dans le port de Guilvinec, a créé dans le Finistère à Plobannalec, le Musée Aéronautique de Cornouailles appelé aussi le Musée des Poissons Volants. « Il possède cinq HSS et un H-34 entreposés, hélas en plein air, ils ont bien souffert de cette exposition aux intempéries. A l'abri dans un hangar, on peut voir : un Etendard, une Alouette II et une collection de pièces diverses et variées d'avions. Le tout voisine avec un ULM qu'il utilise pour différents travaux aériens !. Avec mon épouse, nous sommes restés une semaine dans le secteur et j'ai pu, tout en profitant des charmes de la Bretagne, démonter et récupérer pas mal de pièces pour la restauration de notre HSS . »

C'est vers quinze ans, que le jeune Savoyard Gérard Pollet Villar est atteint par le virus de l'aviation. Élève du Collège des frères de la Motte Servolex près de Chambéry, fervent lecteur d' «Aviation Magazine » et des « Ailes », il a comme professeur un saint homme, passionné par l'aviation. Il sait lui communiquer sa passion en l'initiant à la technique aéronautique. C'est donc naturellement, après un apprentissage de mécanicien automobile, qu'au moment d'être convoqué pour le service militaire, Gérard décide de s'engager dans l'Armée de l'Air : « Je voulais être mécanicien avion, spécialiste moteur à pistons ; pas de chance, ma promotion n'était pas ouverte pour cette spécialité !.Entre les études de mécanicien cellule, hydraulique, réacteur et voilures tournantes, j'ai choisi le brevet de mécanicien hélicoptère. A l'issue de cette formation à Rochefort, c'est à, Chambéry que j'ai effectué un stage sur Sikorsky H-34 ; ce fut le début d'une longue « histoire d'amour » pour cet appareil. »

Après différentes affectations, alternant entre l'Afrique et la France, il se retrouve à la Direction Technique du COTAM : les appareils sont plus modernes, le SA 330 Puma remplaçant le H-34 et l'Alouette III.

Cette longue période militaire lui procure l'occasion, comme contrôleur mécanicien, de voler et surtout de pouvoir piloter les H-34 et autres Alouette II et III, lors des vols de contrôle ou de différentes missions dans les savanes africaines. « J'ai effectivement beaucoup volé sur ces voilures tournantes mais j'ai quand même utilisé des ailes, en pratiquant le vol à voile, tout d'abord sur la base de Saint Dizier puis notamment en stage à la Montage noire. » A la fin de sa carrière militaire, il entre à la Sogerma. Cependant, le suivi et l'évolution de la maintenance des CM 170, CM 175 et Nord 262 de l'Armée de l'Air et de l'Aéronautique Navale, se sont substitués à celle des voilures tournantes.

Aujourd'hui, la restauration du HSS-1 avance lentement mais sûrement… « Il reste encore beaucoup de boulot à faire » dit-il, tout en songeant à préparer un nouveau voyage avec son épouse vers une autre passion, cette fois-ci commune : l'Asie.

(1) Cf : Atelier Noratlas (2) Cf : Atelier Dewoitine 520

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