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France  Défense aérienne

 

L'appareil du CAEA

F1C 218

L'Armée de l'Air et de l'Espace a confié au CAEA le Mirage F1 C n°218', il est arrivé le 11 octobre 2019.
Il a été pris en compte en octobre 1977, affecté aux 5°, 12°, 30° et 33° escadres et réformé le 30/10/2002,
Sa dernière affectation étant l'Ecole des Mécaniciens de Rochefort de 2002 à 2019.
Il a porté les immatriculations 5-OM, 12-ZI, 5-OM, 5-AM, 30-SK, 33-FN, 33-LD, 33-FP et 33-LC.
 
 DSC0451
L'équipe du démontage à Rochefort
 
Mirage F1 04 Remorqueur de cible
 

Il est actuellement présenté en configuration de remorquage en Y de cibles avec une cible SECAPEM TAC100.

Voir le montage de cible

Visible dans le hangar

.Mirage F1 002

  - Historique

Au début des années 60, l'Armée de l'Air et Dassault étudient le décollage vertical avec le Balzac puis le Mirage III V, et la géométrie variable avec les Mirage G et G8, mais ils s'intéressent aussi à une formule plus classique.
C'est dans ce contexte que, en 1963, l'Etat-Major de l'Armée de l'Air élabore un projet d'avion de pénétration basse altitude, tous temps, pouvant opérer à partir de pistes courtes et sommairement aménagées, faire une approche à moins de 140 noeuds tout en étant capable d'effectuer des interceptions à vitesse supersonique.
Chez Dassault, l'équipe de Jean-Jacques Samin étudie alors le Mirage III F2, biplace, aile haute à forte flèche et hype rsustentée, propulsé par un réacteur Pratt & Whitney TF30. Il vole pour la première fois le 12 juin 1966. Il est ensuite rebaptisé Mirage F2 , mais le projet est abandonné en novembre 1967.
Entre-temps Marcel Dassault, qui n'appréciait guère le F2, avait lancé sur fonds propres un avion plus petit, baptisé Mirage F1 puis Super Mirage F1 et enfin Mirage F1 C, reprenant la même formule que le F2 mais avec un réacteur Atar 9K, comme sur le Mirage IV, et le système d'armes du Mirage III E.
Le prototype, à moteur Atar 9K31, vole pour la première fois le 23 décembre 1966 à Melun-Villaroche, aux mains de René Bigand ; c'est à son bord qu'il trouve la mort le 18 mai 1967 quand les empennages horizontaux se désintègrent sous l'effet du flutter lors d'un entrainement à la résentation du salon du Bourget. Malgré cet accident, trois avions de présérie à réacteur Atar 9K50 sont commandés.
Le Mirage F1 C est équipé d'un radar Thomson-CSF Cyrano IV, amélioration du Cyrano du Mirage III dont la portée est augmentée de 40% et plus performant à basse altitude. Son armement interne est composé de deux canons DEFA 553 de 30 mm, il dispose également de sept points d'emport, deux en bouts d'ailes, deux sous chaque aile et un ventral, qui lui confèrent la capacité de tirer deux missiles Matra 550 Magic et deux Matra R 530 ou Super 530. Le siège éjectable est un Martin Baker Mk4, remplacé ensuite par un Mk10.
L'atterrisseur réalisé par Messier se loge, grâce à une cinématique complexe, sur le côté du fuselage laissant libre tout l'espace sous le fuselage.
L'aérodynamique est très avancée, le bord de fuite est équipé de deux volets à double fente et à recul, ayant un braquage différent, et un aileron assisté de spoilers. Des becs basculants couvrent tout le bord d'attaque.
Comparé au Mirage III, le F1 emporte deux fois plus de charge, double le rayon d'action et présente un temps de poursuite supersonique triplé.
A partir de 1977 certains F1 C reçoivent une perche de ravitaillement en vol fixe, ils sont alors renumérotés dans la série 200 et deviennent des F1 C-200.

Une version baptisée Mirage F1 E (pour Europe), équipée du moteur Snecma M53, est proposée en réponse au "marché du siècle" pour l'équipement de plusieurs forces aériennes de l'OTAN. Mais c'est le F-16 qui est choisi, au moins autant pour des raisons politiques que techniques. Le projet est abandonné mais la désignation E est reprise pour des avions proposés à l'exportation.

Les autres versions majeures du F1 sont :
- F1 A : monoplace d'attaque au sol pour l'Afrique du Sud et la Lybie, remplacement du Cyrano par un EMD Aïda 2, perche de ravitaillement en vol escamotable et télémètre laser.
- F1 CR : 68 avions neufs pour la reconnaissance, équipé d'une caméra panoramique ou de verticale en avant du poste pilote et d'un capteur infra rouge Super Cyclope à la place du canon droit. SNA nouveau avec radar modifié permettant la remontée d'images FLIR ou de pod de désignation laser en cabine. Premier vol le 21 novembre 1981.
- F1 CT : modification de 55 F1 C pour l'attaque au sol avec ajout d'un télémètre laser et suppression du canon gauche. Premier vol le 12 mai 1991.
- F1 E : version polyvalente pour l'exportation.
- F1 MF2000 : 27 avions modernisés pour le Maroc avec montage d'un radar dérivé du RDY du M2000, permettant le tir des MICA, un nouveau SNA et de nouvelles contre-mesures.

La version biplace B et D (biplace du E) a été réalisée à la demande du Koweït, dépourvue de canons mais conservant la capacité d'emport externe. L'Armée de l'Air en emploie également. Premier vol le 26 mai 1976

   - Production

Une première commande de 30 F1 C est passée par l'Armée de l'Air en 1969, elle en commandera 164 au total plus 20 F1 B.
De nombreux équipementiers participent à la réalisation du Mirage F1, l'assemblage final est réalisé à Mérignac.
Au début des années 90, la société sud-africaine Aerosud et les russes Mikoyan et Klimov ont modifié un Mirage F1 AZ et un CZ avec un moteur SMR-95 dérivé du Klimov RD-33 équipant le Mig 29. Malgré des résultats satisfaisants, le projet n'a pas eu de suites.
Voir la liste et les versions des 709 Mirage F1 qui ont été construits.

   - Carrière en France

Les prototypes 01,02, 03 et 04 ont volé chez le constructeur et au CEV.
Les unités de l'Armée de l'Air ayant employé le F1 C sont :
- Le CEAM au sein de l'EC 24/118 puis 5/330 Côte d'Argent à Mont-de-Marsan.
- L'EC 1/5 Vendée, 2/5 Ile de France, 3/5 Comtat Venaissin, à Orange.
- L'EC 1/10 puis 1/30 Valois, 2/30 Normandie-Niemen, 3/30 puis 3/33 Lorraine à Reims.
- L'EC 1/12 Cambrésis, 2/12 Picardie, 2/12 puis 3/12 Cornouaille, à Cambrai.
- L'EC 4/30 puis 4/33 Vexin à Djibouti.
Le Mirage F1 B a été mis en oeuvre par :
- Le CEAM de Mont-de-Marsan.
- Le 3/5 Comtat Venaissin, à Orange.
- L'EC 1/12 Cambrésis, 2/12 Picardie, 2/12 puis 3/12 Cornouaille, à Cambrai.
- Le 3/30 puis 3/33 Lorraine à Reims.

L'Armée de l'Air a engagé des Mirage F1 C au Tchad lors des opérations Manta et Epervier, pendant la Guerre du Golfe et en Afghanistan.

   - Exportation

es autres pays utilisateurs sont Afrique du Sud (CZ/AZ), Equateur (JA/JE), Espagne (CE/EE/BE), Grèce (CG), Irak (EQ/EQ-2/EQ-4/EQ-5/EQ-6/BQ), Jordanie (CJ/EJ/BJ), Koweït (CK/CK2/BK/BK2), Libye (AD/ED/BD), Maroc (CH/EH/EH-200), Qatar (EDA/DDA - 13 revendus à l'Espagne).

Avec 120 exemplaires commandés, l'Irak est le plus important client export du Mirage F1, seuls les huit derniers n'ont pas été livrés, car encore en France lors de la déclaration de guerre de la première guerre du Golfe.

Les Mirage F1 de la South African Air Force ont été engagés en combat de 1978 à 1988 contre l'Angola. Les Irakiens l'ont été lors du conflit Iran-Irak, les Equatoriens contre le Pérou et les Marocains contre le Front Polisario.

Une fois leur carrière opérationnelle terminée en France et en Espagne, une deuxième vie est offerte par les USA comme « agressors » pour l’US Air Force. 63 Mirage F1 Français ont été rachetés par ATAC (Airborne Tactical Advantage Company) afin d’obtenir 40 avions « bon de vol ». De son côté la société américaine Draken a racheté à l’Espagne 22 avions pour le même usage.

Caractéristiques
  F1 C F1 B  
Envergure 8,44 m 8,44 m 3 vues
F1 C
Longueur 15,33 m 15,55 m
Hauteur 4,49 m 4,49 m
Surface alaire 25 m2 25 m2
Masse à vide équipé 7 800 kg 8 000 kg
Masse max. 15 200 kg 16 200 kg
Plafond 16 500 m 16 500 m
Capacité en carburant 4 300 l 3 850 l
Vitesse max. Mach 2,1 Mach 2,2
Armement interne 2 canons DEFA 553 de 30 mm
avec 135 obus chacun
Néant  
Réacteur 1 SNECMA SNECMA Atar 9K50 de 4 700 Kgp de poussée à sec et 7 200 Kgp* avec PC
*Source Snecma. Le manuel de maintenance indique 6800 kgp.
 
   - Sources documentaires
Marcel Dassault La légende d'un siècle. Claude Carlier. Ed. Perrin.

Mirage F1 C et B dans l'Armée de l'Air. Association Delta Reflex.
Mirage F1, Check List n° 1. Frédéric Vergneres, Philippe Auger. Ed DTU
Minidocavia n°20. Hervé Beaumont. Ed. Larivière
Aviation Magazine International n° 467 15/5/1967
Aviation Magazine International n° 514 15/5/1969
Site web Dassault Aviation
Wikipédia